Seuls ensemble

Lorsque j’ai vécu mon premier accouchement, je me souviens, lors d’une phase particulièrement souffrante, qu’une pensée bien particulière traverse mon esprit : j’ai pensé à toutes ces femmes qui avaient accouché avant moi, et toutes celles qui vivaient exactement la même chose que moi au même moment. Je me souviens précisement de la force que cette seule pensée m’a transmise. Soudainement, je n’étais plus seule, comme si nous étions toutes au même endroit, unissant nos forces pour traverser cette grande épreuve. Plus seule à tenter de gérer une douleur totalement inconnue – et c’est probablement ce qui la rendait encore plus insupportable, l’inconnu, ne pas avoir de repères, ne pas arriver à reconnaître ce qui était en train de se passer – je n’étais plus seule. Comme si nous étions toutes connectées par ce grand événement qui allait nous transformer à jamais.

Chaque jour, les médias nous servent d’abondants témoignages de gens anxieux en perte d’emploi, en perte de repères, surtout. Lorsque j’entendais l’autre jour à la radio une femme raconter son histoire, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour elle, mais surtout, j’avais envie de lui dire, lui crier qu’elle n’était pas seule. Des milliers d’artistes ont tout perdu, des contrats et des rêves, surtout. Pareil pour de petits entrepreneurs qui voyaient enfin se concrétiser le projet sur lequel ils ont tout misé. Des milliers de travailleurs sans emploi, de parents sans revenus, des milliers de retraités à avoir vu fondre les économies d’une vie entière. Des enfants qui comprennent plus ou moins ce qui se passe, des adultes qui oscillent entre l’angoisse et la capacité de se rassurer, entre l’ombre et la lumière.

Ce que nous vivons en ce moment est terriblement bouleversant, déstabilisant. Mais j’ai la certitude que si nous concentrons nos pensées à nous dire que nous sommes des milliers ensemble, unis dans cette tempête, ensemble à traverser la même épreuve au même moment, nous nous sentirons plus forts.

Si vous en doutez, jetez un coup d’oeil à tous ces arcs-en-ciel…

Mes petits gars.

Un vendredi soir, suis assise au bar face à mon interlocuteur somnifère, le pauvre, le charisme d’une boîte à lunch. Mes yeux ne peuvent s’empêcher de regarder tout autour fuyant le discours de l’autre qui se vante de faire pas mal plus d’argent que ses amis. Et là, je crois reconnaître au loin un visage familier. Le petit DJ est en fait…HAN ? WHAT ? Éric ??? Je reconnais cette face de tannant – que j’ai vu tant de fois se transformer en toutes sortes de personnages weird – je m’excuse à peine de quitter momentanément cette discussion à sens unique pour aller faire un gros hug à un de mes « petit gars ».

Lors de ma jeune vingtaine, moment flou de ma vie où je passais beaucoup de temps à m’étourdir, on me parle un jour d’une job de coach d’impro. Salaire correct, demande beaucoup de temps et d’implication (je me connais, je ne ferai pas ça à moitié si je m’embarque..), mais bon, le concept d’être payée pour transmettre une de mes passions me plaît. Allons voir.

Lors du camp de sélection je détecte rapidement un grand potentiel chez plusieurs jeunes. J’en choisis sept, une fille et six gars. Malheureusement, la fille quitte après deux semaines, elle manque de temps pour les pratiques. Je me retrouve donc à partir de ce moment avec six « petits gars » (qui bientôt me dépasseront tous d’une tête).

On se voyait plusieurs fois par semaine, pour les pratiques puis pour les matchs. Je faisais une ride incroyablement longue de métro + bus pour les retrouver après l’école, mais j’avais tellement hâte. C’était le highlight de ma semaine. Pas que à cause de l’impro, mais tout le reste autour. Nos origines variées provoquaient des échanges tellement intéressants…nous étions Haïtiens, Portugais, Français et Québécois. J’ai de fabuleux souvenirs d’eux qui m’emmènent dans un dépanneur près de l’école pour me faire découvrir le grillot, d’un moment où je leur explique ce qu’est la cabane à sucre et comment on fait le sirop d’érable, de moi qui leur parle du Québec tel que je l’ai connu enfant, du Québec hors Montréal, de la campagne…je me souviens encore de leurs grands yeux figés lorsqu’ils m’écoutaient leur décrire un monde qu’ils connaissaient à peine.

Pendant nos longues promenades en bus de la STM pour aller jouer aux quatre coins de la ville, ils étaient si loud, siiii loud, parlant tous en même temps, sautillant pour couper la parole et finir l’histoire de l’autre, on n’entendait qu’eux dans le bus. Je faisais semblant d’être exaspérée mais la vérité c’est que j’étais fière, si fière d’accompagner ces grands gars aux yeux brillants. Ils étaient habités d’un enthousiasme que je n’avais jamais connu. Ils faisaient une pause sur leurs soucis d’ados une soirée, le temps de redevenir des gamins et juste s’amuser entre eux. Et moi j’avais la chance d’assister à ça, j’avais l’immense chance d’avoir leur respect et leur confiance, j’avais le très grand privilège d’avoir accès à leur coeur.

Notre saison d’impro s’est déroulée à la manière d’un film de Walt Disney. « Coin coin », c’était nous ça. Les underdogs qui montent dans le classement, sourire aux lèvres, jusqu’à la finale.

Et là, au bar, mon ancien capitaine et moi, on retrouve instantanément ce sourire, tellement tellement heureux de se voir comme ça, par hasard ! Il me dit qu’il termine bientôt son shift de DJ et je l’invite à me rejoindre après, ce qu’il fait. Et là, on jase, assis au bar. On se remémore plein d’anecdotes, on rit, et il me dit que j’ai été importante pour eux. Qu’il était rare pour eux d’être en contact avec des adultes autre que leurs parents et leurs profs, des gens qui leur font voir une autre façon d’aborder la vie. Que ça leur a fait du bien de connaître quelqu’un qui choisit de faire de sa passion un métier, de foncer. Et là, je l’écoute, émue et je réalise tout le bien qu’eux m’ont fait.

Dans ma vie chaotique de jeune dans le début de la vingtaine qui se pétait la face tous les week-end, ils étaient ce que j’avais de plus près d’une famille. J’avais besoin d’eux autant sinon plus qu’ils avaient besoin de moi. Ils me gardaient bien enracinée dans la vie, car je ne voulais pas les décevoir, je voulais arriver top shape pour eux. J’avais envie de les emmener le plus loin possible, pas juste en tant qu’improvisateur mais en tant qu’humain, car ils avaient tous, sans exception, d’extraordinaires personnalités.

Les gars, Mat, Habi, Maxence, Sach, E.T., Éric, vous occuperez à jamais une place toute spéciale dans mon coeur. J’espère que vous n’arrêterez jamais d’être loud.

Mon beau sapin

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Quand j’étais petite, avec mon père, on traversait la rue, puis on allait marcher dans le bois, afin de trouver le bon.

Je me promenais les yeux en l’air, à la recherche celui qui illuminerait notre temps des Fêtes.

Je les examinais tous, je trouvais l’exercice plutôt difficile car je ne voulais faire de peine à personne…mais il fallait bien en choisir un. Je flattais leurs branches, sentais l’odeur des épines à la recherche du parfum le plus réconfortant.

Lorsqu’enfin, après plusieurs minutes d’observation silencieuse, je sentais une connexion un peu plus forte avec celui qui allait être le bon, mon père s’éloignait et me laissait respectueusement pratiquer mon rituel : m’approcher doucement de l’arbre, poser une main sur son tronc, lui expliquer ce qui allait se passer, lui demander la permission de l’emmener avec nous. Lorsqu’il avait accepté, je faisais signe à mon père qui venait donner quelques coups de hache. On le déposait ensuite dans le traîneau, puis on rentrait à la maison, le décorer. Je lui donnais à boire, le remerciant d’avoir accepté ma proposition. C’était mon nouvel ami et sa présence me rendait infiniment heureuse.

Cette année, lorsque je suis partie à la recherche de ce qui allait être notre sapin de filles au début du mois, j’ai fait le tour de quelques kiosques dans la ville, peut-être un vieux réflexe, un besoin de sentir que je prenais le temps de chercher le bon. Je me suis d’abord arrêtée à un endroit qui avait des airs de cimetière de sapins. J’exagère je sais – j’en ai même fait un métier – mais la vue de ces arbres ligotés avait quelque chose  de très triste qui me paraissait bien loin de mes souvenirs de petite fille. Et lorsque le vendeur m’a gueulé le prix exagérément élevé de ces arbres qui n’appartiennent pourtant à personne, je me suis dit que tout ça manquait grandement de romantisme.

 

Voeux pelletés

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Je pellette au bord du lac.

Je pellette en silence.

Je revois défiler 2017. Je pense à mes soeurs et mes frères de #metoo. À ceux qui les ont écrits, les petits mots, ou leur histoire au complet. Je pense aussi à ceux qui ont choisi de ne pas le faire. Pour ne pas avoir à se justifier. Pour échapper aux « Ouin mais si c’était vraiment arrivé tu l’aurais dit avant », « Ouin mais pourquoi attendre autant d’années d’abord ? » , « Si tu donnes pas de nom, comment veux-tu qu’on te croit ? » Pour éviter ça.

Je pense à tous ceux qui ont vécu un grand soulagement grâce à ce mouvement, une belle descente d’épaules, un soupir qui guérit, un peu.

Repenser à 2017 qui aura été l’année de la vérité.

La commission d’enquête sur les femmes autochtones assassinées et disparues, l’affaire W., l’affaire R., l’affaire S., même l’affaire du chef mytho en est une de vérité.

Je pellette en espérant.

Qu’il ne s’agisse pas d’une vague de marée qui s’abaisse en rapportant ses trésors avec elle. Qu’il s’agisse plutôt de la vague qui nous permette de nous lever sur nos planches pour surfer fièrement sur les eaux troubles du passé, en faisant des doigts d’honneur aux requins.

Je rêve au début de la nouvelle ère.

L’ère de la disparition des mains longues et des blagues louches de mononcles. L’ère des bons cœurs qui prennent la parole pour défendre ceux à qui on balance des remarques déplacées. L’ère où nous prenons tous la parole et posons des gestes pour anéantir le racisme, le sexisme, la xénophobie, l’homophobie, la connerie.

2017 a ouvert une porte, la lumière est entrée. Personne ne peut continuer de vivre comme avant. Il y aura toujours des meutes, des ignorants apeurés, mais eux, laissons les faire. À force d’être beaux et lumineux, on va les avoir un moment donné.

Foncer vers la lumière.

Faire fondre le cynisme.

Envoyer promener nos peurs.

Avancer. Le coeur ouvert.

Il y a tant à faire encore.

Je ne fais pas de carte du ciel, mais j’ai appris à lire dans les flocons.

2018 sera pas pire belle.

 

Un doigt d’honneur pis un hug.

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8 mars, journée internationale des droits des femmes.

Et si on se donnait le droit de lever bien haut notre majeur, mesdames ?

À Donald Trump qui, avec son attitude et ses paroles, donne le droit à des milliers d’hommes d’agir en connards arriérés avec les femmes

À tous les hommes politiques qui font reculer les droits des femmes

Aux garagistes qui nous appellent « ma petite madame »

Aux gars qui travaillent sur un chantier de construction et nous lancent des commentaires qui nous font sentir comme un carré d’agneau dans lequel ils ont envie d’enfoncer leur fourchette

À ceux qui nous croient en SPM parce qu’on défend nos idées avec conviction et émotion

 

À ceux qui croient qu’un congé de maternité c’est un peu comme des grosses vacances sur le bord de la beach

À ceux qui trouvent normal qu’un homme gagne un salaire supérieur à celui d’une femme qui fait exactement le même travail que lui

Aux gars qui n’acceptent pas de se faire dire non

Aux mononcles qui trouvent ça correct d’être « colleux » avec leurs nièces après avoir bu quelques bières

Aux gars qui pensent que les filles qui portent plainte pour agression sexuelle sont des pauvres folles en manque d’attention

À vous tous, je vous lève bien haut mon majeur.

Et maintenant, les filles, les femmes, un gros hug, juste pour vous.

À celles qui ont peur de vieillir et de ne plus plaire

À celles qui se sentent coupables de s’emmerder, parfois, pendant leur congé de maternité avec leur bébé qu’elles aiment pourtant d’un amour infini

À celles qui sentent de la jalousie de la part d’une collègue plus âgée qui leur fait payer cher leur beauté et leur charme

À celles qui ont décidé de ne pas avoir d’enfant ou qui ne peuvent pas en avoir et qui sentent du jugement de toutes parts

À celles qui ont l’âme brisée par une agression sexuelle qui les empêche de s’aimer totalement et d’être en paix

À celles qui aiment une femme et n’ont pas encore eu le courage de l’annoncer à leur famille

À celles qui se sentent femme dans un corps d’homme

À celles qui se sentent coupables de laisser leur enfant à la garderie à tous les matins

À celles qui viennent de se séparer, qui ont perdu leurs repères et qui vivent au quotidien la terrible sensation de plancher qui s’ouvre sous leurs pieds

À celles qui vivent avec un conjoint violent et ne savent pas comment se sortir de cette relation

À celles qui se trouvent laides en se comparant aux mannequins de 14 ans qui font les couvertures des magazines

À celles qui angoissent sans savoir pourquoi, qui étouffent, qui ont le souffle coupé par l’anxiété

À celles qui ne se reconnaissent pas dans ce que j’écris mais qui ont bien envie qu’on pense à elles,

à vous toutes, je vous ouvre mes bras et vous fais le plus gros et le plus beau des hugs. Un vrai là, qui dure plus longtemps que 3 secondes, presque malaisant tellement il dure et qu’on n’a plus l’habitude de ça, les gestes d’affection qui durent.

Je souhaite en vérité que quelqu’un prenne le temps de vous serrer très fort aujourd’hui. Que cette personne vous regarde droit dans les yeux, en silence, puis vous serre suffisamment longtemps pour que vous vous sentiez réellement aimées et respectées.

 

 

 

Mon agresseur est président.

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Vous souvenez vous de l’histoire de « Jane Doe » ? Cette femme qui a intenté un procès civil contre Trump pour l’avoir violée à répétition lorsqu’elle avait 13 ans ? Il l’aurait attachée à un lit, l’aurait battue alors qu’elle le suppliait d’arrêter.

Les événements se seraient produits lors d’une soirée organisée par Jeffrey Epstein, milliardaire pédophile qui a été condamné dans le passé pour avoir tenté d’abuser une mineure et qui, selon plusieurs allégations crédibles, gérait un réseau de traite de mineures et leur faisait subir différents sévices sexuels.

Sachant que Trump reconnaît être un ami proche de Jeffrey Epstein, qu’il qualifie de « bon vivant », sachant que Trump a déjà fait l’objet d’allégations judiciaires d’agression sexuelle, je ne comprends pas comment cet homme a pu devenir candidat à la maison blanche.

Vous souvenez-vous d’Ivana Trump, première épouse de Trump, qui l’a accusé sous serment de l’avoir violemment violée à plusieurs reprises ?

Vous rappelez-vous de Jessica Leeds et Rachel Crooks qui ont confié au New York Times avoir été victimes d’attouchements sexuels par Donald Trump ?

On a fait beaucoup de blagues avec le « pussy gate » mais est-ce vraiment amusant de constater qu’un homme qui se donne le droit de faire des attouchements à toutes les femmes quand ça lui chante devient aujourd’hui le 45e président des Etats-Unis ?

En ce moment, j’ai une pensée pour toutes les femmes qui ont déjà vécu du harcèlement ou des agressions sexuelles, qui regardent Trump agir et reconnaissent en lui leur agresseur.

Une pensée pour toutes celles qui sont dégoûtées de constater que ce genre d’homme peut accéder à la présidence des États-Unis.

Voici ton président.

La douanière (pas fine) de Chicago.

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C’était en juin dernier. On venait tout juste d’atterrir à Chicago. Heureux, fébriles.

On attendait en rang comme des enfants dans une cour d’école au retour de la récréation, quand quelque chose m’interpelle, une énergie pas le fun à ma droite. Devant la file des gens « détenant un Passeport Américain», une douanière très peu sympathique crie un gros « next » bien gras et blasé.

Un homme mexicain s’approche d’elle, souriant, lui précisant timidement qu’il ne parle pas super bien Anglais. Elle switche aussitôt en Espagnol et adopte un ton hautement désagréable, qui dépasse la condescendance. Un ton agressant.

Je vous traduis le dialogue, en Québécois :

  • Bonjour Madame, je parle peu Anglais, en Espagnol c’est mieux.
  • Tu parles pas Anglais ? (sous-texte : criss de cave)
  • Très peu.
  • Ça fait combien de temps que tu vis ici ? (pis que tu profites de notre système)

Il demeure poli, d’une gentillesse extrême :

  • Deux ans madame.

Elle poursuit sur sa lancée en haussant le ton pour s’assurer que les regards braqués sur lui se multiplient :

  • Deux ans. Pis ça t’a jamais tenté d’apprendre la langue d’ici ?

Il baisse la tête, honteux comme s’il avait commis une faute grave.

Elle renchérit, avec un mépris dégoûtant, sans aucune humanité :

  • Faque en deux ans t’as pas eu le temps de prendre des cours ?  Tu penses pas que c’est important, c’est ça ? Moi j’en ai pris des cours, regarde, je te parle en Espagnol, là. Tu penses pas que c’est à ton tour de faire des efforts ? Après DEUX ANS faudrait peut-être que tu commences à y penser.

Elle le garde en otage, ne lui rendant pas son passeport, le regarde de haut, avec dégoût.

J’étais à quelques mètres de l’homme et je pouvais sentir son désarroi, sa peine, son incompréhension.

Elle lui rend finalement son passeport. Il lui lance un doux et quasi silencieux « merci ».

Elle cherche un complice pour échanger un regard de « les esti d’immigrants han ?! » .

Comprenez-moi bien, je crois, bien sûr, qu’il est important que quelqu’un qui immigre dans un pays fasse un maximum d’efforts pour apprendre la langue qu’on y parle, bien évidemment. Mais je suis totalement contre toute forme d’intimidation, surtout quand elle est nourrie par un racisme pourri.

Alors je me dis que cette douanière a du faire le gros party le 8 novembre. Un gros party sale. Elle devait être très excitée de penser au fun qu’elle va pouvoir avoir avec « les races ». Je suis certaine que dès lundi prochain, on pourra – dès le début de son shift –  la voir ordonner à un Mexicain de faire des push up en hurlant le plus dégueulasse des « FASTER », un pied appuyé contre le dos de sa victime, lui crachant dans le cou. Elle se dit, enfin criss, America’s great again.